Brigitte Tillieux : Centre Bocq

Je suis allée en retaite au Centre Bocq qui est un centre de réfugiés à Yvoir. J'ai tout de suite craqué pour ce projet. Je trouve que la rhéto c'est une année de dépassement, et un bon moyen de se dépasser c'est d'aller à la rencontre de gens différents, c'est découvrir une réalité qu'on ignore souvent. Arrivée au centre, je me suis sentie mal à l'aise, et je ne pense pas être la seule. Malgré nos efforts, on ne peut s'empêcher de regarder curieusement ce qui se passe autour de nous. Le Centre Bocq c'est un peu comme une ville miniature où vivent des gens complètement différents qui, pour la plupart, ne se comprennent pas entre-eux. 

Après avoir visité le centre, nous avions prévu de faire des activités avec les réfugiés de notre âge. Un problème se pose quand on se rend compte qu'aucun d'eux n'a répondu à notre invitation... Les enfants plus jeunes cependant n'hésitent pas à venir près de nous. Avec eux le contact est beaucoup plus facile. Les adolescents et les adultes ne viennent pas vers nous volontairement. Dans ce centre, les étrangers, c'est nous. 

Ce que j'ai préféré c'est la rencontre avec les enfants. Les voir s'émerveiller devant nos plumiers garnis et hurler de rire en jouant à 1,2,3 piano. Pendant une après-midi, nous nous sommes sentis utiles. A l'heure de partir, ils ne voulaient pas nous quitter et nous demandaient "Madame, pourquoi tu dors pas ici ? C'est quand que tu reviens ?" 
Je n'ai pas spécialement de conseils pour ceux qui seraient intéressés par cette retraite. Il faut juste partir avec un esprit ouvert, apte à aller à la rencontre de l'autre. Certains sont restés un peu renfermés sur eux-mêmes, c'est dommage... 

Si mon choix était à refaire, je crois que ne le changerais pas. C'est une expérience qui m'a énormément appris et touché. On ne peut pas rester insensible à ce que l'on voit, à ce que l'on entend. On se rend également compte que, enfermés dans notre cocon collégial, il nous reste énormément de choses à apprendre sur la vie.